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La crise du « subprime » a déjà fait tomber plusieurs dirigeants
La crise du « subprime » s'est déjà traduite par plusieurs départs de dirigeants dans les banques européennes ou américaines.
La crise du « subprime » n'a pas fait des victimes que chez les emprunteurs... S'il est officialisé, le départ de Stanley O'Neal de la présidence de Merrill Lynch viendra s'ajouter à la liste des dirigeants de banques européennes ou américaines remerciés pour leur gestion malencontreuse dans la crise du « subprime ».
Premier en cause : le directeur général d'UBS, Peter Wuffli, débarqué brutalement le 8 juillet dernier, pour être remplacé par Marcel Rohner, le patron de la banque privée passé préalablement par la gestion des risques. UBS n'a pas donné d'explications officielles sur le coup. Mais, près de quatre mois plus tard, la facture du « subprime » est là : le numéro un mondial de la gestion de fortune devrait perdre 600 à 800 millions de francs suisses au troisième trimestre. Et la situation pourrait encore se détériorer en fin d'année. Mais Peter Wuffli est parti sans traitement de faveur en plus de son salaire.
Un mois plus tard, c'est au tour de Warren Spector, numéro deux de Bear Stearns, de quitter la banque, dont deux « hedge funds » ont été littéralement emportés par la crise du « subprime ». Perçu jusque-là comme le dauphin du PDG, James Cayne, il codirigeait les marchés de capitaux et la gestion d'actifs qui abritait ces deux fonds spéculatifs. Depuis, l'établissement a noué un partenariat stratégique prévoyant une prise de participations croisées avec la banque chinoise Citic.
Les rumeurs vont également bon train du côté de Citigroup, dont le PDG, Charles Prince, est contesté depuis plusieurs mois. On lui reproche la quasi-stagnation du cours de Bourse de sa banque depuis 2003, là où ses concurrentes ont progressé de 25 % à 40 %. En outre, fragilisée par la crise actuelle, la première banque américaine a dû passer 6 milliards de dollars de dépréciations d'actifs début octobre. Citigroup s'est pour l'instant contenté de remanier la direction des activités de banque d'investissement, confiées à un ancien de Morgan Stanley, Vikram Pandit. Dans les autres banques universelles, les dirigeants semblent pour l'instant moins contestés. Kenneth Lewis, PDG de Bank of America, a expliqué en fin de semaine dernière sa volonté de réduire l'exposition aux métiers de la banque de financement et d'investissement. De son côté, Jamie Dimon, à la tête de JPMorgan Chase, est plutôt sorti renforcé de la crise, sa banque étant relativement peu exposée au « subprime ». Même chose pour Lloyd Blankfein, directeur général de Goldman Sachs, qui a affiché une insolente santé au troisième trimestre, clos néanmoins à la fin août.
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